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Insee Analyses Auvergne-Rhône-Alpes · Juin 2023 · n° 164
Insee Analyses Auvergne-Rhône-AlpesArtisan micro-entrepreneur : même activité, différentes réalités L’artisanat en Auvergne-Rhône-Alpes

Charles-Julien Giraud, Christophe Privas (Insee)

En 2019, les créateurs d’entreprises artisanales ont largement privilégié le statut d’entreprise individuelle sous le régime de micro-entrepreneur. Depuis sa création en 2009, ce type d’entreprises occupe une place de plus en plus importante dans le monde de l’artisanat, avec une part qui varie toutefois fortement entre départements. La répartition par secteurs d’activité est relativement proche entre les artisans micro-entrepreneurs et les entreprises classiques. Dans les deux cas, le secteur de la construction est le plus important, devant la fabrication puis la coiffure et les soins de beauté. Les micro-entrepreneurs sont plus jeunes et sont plus souvent des femmes. Les revenus de l’activité artisanale des entreprises classiques sont nettement supérieurs à ceux des micro-entrepreneurs. Parmi ces derniers, un sur trois a eu une activité salariée durant l’année en complément de son activité d’artisan.

Insee Analyses Auvergne-Rhône-Alpes
No 164
Paru le :Paru le22/06/2023
Artisan micro-entrepreneur : même activité, différentes réalités.
Publication rédigée par :Charles-Julien Giraud, Christophe Privas (Insee)

Une personne en emploi sur neuf travaille dans l’artisanat

L’ est présent dans la quasi‑totalité des activités économiques, couvrant de nombreux métiers tels que coiffeurs, taxis, maçons, boulangers ou encore nettoyeurs de locaux. En Auvergne-Rhône-Alpes, l’artisanat représente un tiers des entreprises et un neuvième de l’emploi total.

En 2019, les artisans micro-entrepreneurs (ME) représentent 37 % des entreprises artisanales. En une décennie, ce régime, en vigueur depuis 2009, s’est imposé au monde de l’artisanat. Les évolutions législatives pour exercer sous ce régime se sont assouplies, encore récemment avec le relèvement du plafond du chiffre d’affaires, le rendant encore plus attractif. Ce dernier changement majeur sur le statut des indépendants, voté en 2022, ne devrait pas remettre en cause ce succès.

Cette étude éclaire, afin de mieux les comprendre, les réalités économiques des artisans micro-entrepreneurs et des artisans en entreprises classiques (EC). Expliquer les différences en termes de profil et de revenus permet aux décideurs de mieux accompagner ces entreprises.

Dans la suite, le champ de l’étude (140 000 entreprises artisanales sur les 210 000 de la région) est restreint aux entreprises actives et, pour des raisons de couverture de la source, ne prend pas en compte les sociétés par actions simplifiées (environ 30 000 entreprises artisanales).

La plupart des créateurs d’entreprises artisanales optent pour le régime de micro-entrepreneur

En 2019, en Auvergne-Rhône-Alpes, 80 % des créateurs d’entreprises artisanales du champ d’étude ont choisi le régime de micro-entrepreneur. Leur part ne fait que croître depuis la réforme de 2014, gagnant chaque année deux points de pourcentage en moyenne. Cette forme juridique est privilégiée par les créateurs de tous âges : à 69 % pour les trentenaires, 77 % pour les quinquagénaires et jusqu’à 91 % pour les plus de 60 ans.

Une entreprise ne peut conserver le dès lors qu’elle franchit les deux années consécutives. Il peut donc correspondre à une première étape dans la vie d’une entreprise qui se développe. Dans les faits, les passages d’un régime à un autre restent rares. Ainsi, parmi les 3 250 créations d’entreprises artisanales classiques de 2019, 9 % sont le fait de microentrepreneurs changeant de statut. Au final, seuls 1,5 % des artisans en EC de 2019 étaient ME en 2018. Le passage inverse (EC qui étaient ME en 2018) ne concerne que 0,8 % des artisans.

Enfin, les micro-entrepreneurs sont rarement employeurs : ils regroupent seulement 0,5 % des salariés de l’artisanat. En effet, les créateurs sous ce régime cherchent, pour une grande partie d’entre eux, à créer leur propre emploi.

Quatre secteurs d’activité concentrent 70 % des entreprises

La répartition des artisans par grands secteurs d’activité est relativement proche pour les deux régimes. Les différences apparaissent à un niveau d’activité plus détaillé. La construction est le premier secteur artisanal, regroupant 37 % des entreprises (40 % des EC, 33 % des ME (figure 1)) répartis dans 35 métiers. Les trois métiers les plus exercés parmi les entreprises classiques sont les électriciens, les maçons (chacun 14 % des EC de la construction) et les menuisiers (13 %). Les micro-entrepreneurs sont fréquemment peintres (15 %), maçons (14 %) et électriciens (13 %).

Figure 1Poids des différents secteurs artisanaux au sein de chaque régime, en 2019

(en %)
Poids des différents secteurs artisanaux au sein de chaque régime, en 2019 ((en %)) - Lecture : en Auvergne-Rhône-Alpes, en 2019, le secteur de la construction représente 40 % des entreprises artisanales classiques et 33 % des artisans micro-entrepreneurs.
Secteur Entreprises classiques Micro-entrepreneurs
Construction 39,7 32,6
Fabrication 10,8 16,2
Coiffure et soins de beauté 10,3 9,5
Services administratifs et de soutien 3,4 14,4
Commerce et réparation d'automobiles 6,5 3,3
Restauration 6,1 3,0
Autres secteurs 4,7 4,7
Autres services personnels 2,8 6,5
Métiers de bouche 5,7 0,5
Autres activités spécialisées (scientifiques et techniques) 1,0 5,2
Commerce de détail en magasin 4,4 0,7
Taxis (y compris VTC) 3,8 1,2
Commerce de détail hors magasin 0,8 1,9
  • Lecture : en Auvergne-Rhône-Alpes, en 2019, le secteur de la construction représente 40 % des entreprises artisanales classiques et 33 % des artisans micro-entrepreneurs.
  • Source : Insee, Base non salariés 2019, REE 2019.

Figure 1Poids des différents secteurs artisanaux au sein de chaque régime, en 2019

  • Lecture : en Auvergne-Rhône-Alpes, en 2019, le secteur de la construction représente 40 % des entreprises artisanales classiques et 33 % des artisans micro-entrepreneurs.
  • Source : Insee, Base non salariés 2019, REE 2019.

Le second secteur est celui de la , qui rassemble des activités très variées, avec 13 % des artisans (11 % des EC et 16 % des ME). Parmi les EC, les métiers les plus fréquents sont les mécaniciens hors automobile (8 %), les fabricants de mobilier (7 %), et les décolleteurs (6 %). Côté ME, les fabricants de bijoux de fantaisie viennent en tête (10 %, contre seulement 0,8 % des EC), devant les couturiers (9 %) et les fabricants de mobilier (7 %).

Le troisième secteur est celui de la coiffure et des soins de beauté, avec 10 % des artisans, part identique pour les deux régimes. La répartition dans les deux sous-secteurs diverge, 75 % des EC de ce secteur ayant une activité de coiffure contre 45 % pour les ME.

Le quatrième secteur est constitué des services administratifs et de soutien avec 8 % des artisans. Il se distingue par une forte disparité entre les deux régimes. Il rassemble 14 % des micro-entrepreneurs, mais seulement 3 % des entreprises classiques. Ce secteur compte majoritairement les services de nettoyage courant des bâtiments (56 % des ME et 59 % des EC), puis d’autres activités de nettoyage, et les travaux administratifs de type secrétariat.

En dehors de ces quatre principaux secteurs, les EC sont un peu plus présentes dans les commerces et les garages ainsi que dans la restauration.

Dans le détail, certaines activités sont très typées, à l’image de l’habillement artisanal avec 80 % de ME.

Le tissu artisanal local présente des spécificités sectorielles, quel que soit le régime

La proportion des ME parmi les artisans varie fortement dans la région : de un sur trois dans le Cantal (plus faible taux national), à un sur deux dans la Drôme (vingtième rang national) (figure 2). Les différences selon les secteurs n’expliquent qu’une partie des écarts départementaux. Le taux de chômage et le dynamisme de l’emploi peuvent être les autres raisons de ces différences. En effet, des départements où le taux de chômage est élevé (Ardèche, Drôme) ont également une part de ME plus importante.

Figure 2Effectif et part des micro-entrepreneurs en 2019, selon le département

Effectif et part des micro-entrepreneurs en 2019, selon le département - Lecture : la Drôme comptait 5 350 artisans sous le régime de micro-entrepreneur en 2019, soit 50,1 % de ses artisans.
Département Nombre de micro-entrepreneurs Part des micro-entrepreneurs (en %)
01 4 923 43,6
02 2 888 47,8
03 1 876 39,2
04 1 916 47,4
05 1 486 39,6
06 14 435 50,0
07 3 416 47,8
08 1 620 45,4
09 1 862 53,3
10 1 812 43,3
11 3 836 53,6
12 2 130 36,6
13 15 568 52,0
14 4 384 41,2
15 789 30,6
16 2 603 43,6
17 6 006 44,0
18 1 770 40,2
19 1 827 40,5
21 3 322 41,0
22 3 434 35,9
23 988 45,9
24 4 773 49,4
25 2 997 41,2
26 5 352 50,1
27 3 996 44,8
28 2 468 41,8
29 5 833 40,9
2A 2 592 62,1
2B 2 699 60,4
30 7 767 50,4
31 11 032 50,5
32 1 980 48,1
33 15 926 53,4
34 11 467 51,1
35 5 109 35,8
36 1 340 40,6
37 3 881 42,7
38 10 819 47,7
39 1 852 40,7
40 4 009 47,6
41 2 120 40,1
42 5 015 42,9
43 1 542 36,4
44 7 648 39,9
45 3 956 45,2
46 1 888 43,0
47 2 891 43,9
48 487 31,4
49 4 099 36,7
50 2 388 32,5
51 3 210 45,3
52 1 063 42,7
53 1 392 33,3
54 4 142 47,5
55 1 102 46,6
56 4 978 37,4
57 5 785 52,2
58 1 233 39,7
59 12 661 49,7
60 4 894 47,7
61 1 538 36,4
62 7 217 47,5
63 4 387 41,2
64 5 449 41,9
65 2 050 46,8
66 4 570 50,8
67 6 023 45,4
68 4 238 47,6
69 13 026 47,9
70 1 648 43,0
71 3 320 39,9
72 2 386 35,8
73 4 245 39,6
74 6 496 40,4
75 11 528 51,1
76 5 747 41,7
77 8 847 50,4
78 6 995 49,9
79 1 948 36,5
80 3 017 44,9
81 3 337 45,1
82 2 445 48,2
83 14 564 53,5
84 6 381 51,8
85 3 718 34,1
86 2 839 44,6
87 2 699 44,5
88 2 943 46,3
89 2 026 41,7
90 706 40,0
91 7 152 51,0
92 7 078 52,8
93 8 287 51,7
94 6 637 48,7
95 6 752 50,6
  • Lecture : la Drôme comptait 5 350 artisans sous le régime de micro-entrepreneur en 2019, soit 50,1 % de ses artisans.
  • Source : Insee, Base non salariés 2019, REE 2019.

Figure 2Effectif et part des micro-entrepreneurs en 2019, selon le département

  • Lecture : la Drôme comptait 5 350 artisans sous le régime de micro-entrepreneur en 2019, soit 50,1 % de ses artisans.
  • Source : Insee, Base non salariés 2019, REE 2019.

La plupart des départements présentent des spécificités sectorielles : par exemple, dans le Rhône, les taxis (y compris VTC) sont particulièrement présents dans les deux régimes (figure 3). Les besoins de déplacement au sein d’une grande métropole et la proximité de l’aéroport Saint‑Exupéry expliquent l’importance relative de cette activité.

Figure 3Spécificités sectorielles des entreprises artisanales selon leur régime, par département, en 2019

Spécificités sectorielles des entreprises artisanales selon leur régime, par département, en 2019 - Lecture : la carte présente les spécificités sectorielles départementales : plus la part d’un secteur s’écarte de la moyenne régionale, plus il est spécifique. Sur les cartes, plus la taille d’un rond est grande, plus le secteur concerné a une spécificité marquée. Dans l’Allier, le secteur le plus spécifique aux EC est la coiffure et soins de beauté (rond jaune pâle), qui représente 13,7 % des artisans en entreprise classique du département. La taille du rond indique que cette spécificité est moins forte que celle du Rhône, où le rond est plus grand.
Code Libellé Entreprises classiques Micro-entrepreneur
Secteur Indice spécificité Part secteur (en %) Secteur Indice spécificité Part secteur (en %)
01 Ain Services administratifs et de soutien Très peu spécifique 6,6 Commerce de détail hors magasin Peu spécifique 23,2
03 Allier Coiffure et soins de beauté Peu spécifique 8 Autres services personnels Peu spécifique 5,3
07 Ardèche Métiers de bouche Spécifique 9,3 Fabrication Peu spécifique 25,0
15 Cantal Métiers de bouche Spécifique 10,1 Fabrication Spécifique 22,0
26 Drôme Restauration Peu spécifique 9,8 Fabrication Très peu spécifique 19,6
38 Isère Construction Très peu spécifique 5,7 Fabrication Peu spécifique 20,8
42 Loire Coiffure et soins de beauté Peu spécifique 8,2 Arts spectacles et activités récréatives Spécifique 7,2
43 Haute-Loire Métiers de bouche Spécifique 8,4 Restauration Très peu spécifique 33,6
63 Puy-de-Dôme Commerce et réparation d'automobiles Peu spécifique 7,3 Commerce et réparation d'automobiles Peu spécifique 10,3
69 Rhône Taxis (y compris VTC) Spécifique 10,3 Autres services personnels Spécifique 21,2
73 Savoie Enseignement Très spécifique 10,6 Taxis (y compris VTC) Très spécifique 29,4
74 Haute-Savoie Enseignement Très spécifique 9,5 Activités scientifiques et techniques Peu spécifique 20,4
  • Note : la taille du cercle représente le degré de spécificité. Minimum de 100 artisans.
  • Lecture : la carte présente les spécificités sectorielles départementales : plus la part d’un secteur s’écarte de la moyenne régionale, plus il est spécifique. Sur les cartes, plus la taille d’un rond est grande, plus le secteur concerné a une spécificité marquée. Dans l’Allier, le secteur le plus spécifique aux EC est la coiffure et soins de beauté (rond jaune pâle), qui représente 13,7 % des artisans en entreprise classique du département. La taille du rond indique que cette spécificité est moins forte que celle du Rhône, où le rond est plus grand.
  • Source : Insee, Base non salariés 2019, REE 2019.

Figure 3Spécificités sectorielles des entreprises artisanales selon leur régime, par département, en 2019

  • Note : la taille du cercle représente le degré de spécificité. Minimum de 100 artisans.
  • Lecture : la carte présente les spécificités sectorielles départementales : plus la part d’un secteur s’écarte de la moyenne régionale, plus il est spécifique. Sur les cartes, plus la taille d’un rond est grande, plus le secteur concerné a une spécificité marquée. Dans l’Allier, le secteur le plus spécifique aux EC est la coiffure et soins de beauté (rond jaune pâle), qui représente 13,7 % des artisans en entreprise classique du département. La taille du rond indique que cette spécificité est moins forte que celle du Rhône, où le rond est plus grand.
  • Source : Insee, Base non salariés 2019, REE 2019.

Le commerce est la principale spécificité de plusieurs départements. Les vendeurs sur marché sont par exemple particulièrement représentés dans l’Ain.

Dans les départements du sud de la région, les micro-entrepreneurs se spécialisent davantage dans la fabrication (artisanat d’objets d’art), à l’image de leurs voisins des régions limitrophes, tandis que les entreprises artisanales classiques sont davantage orientées vers les métiers de bouche (ou la restauration pour la Drôme). Ces activités accompagnent l’orientation touristique de ces territoires. En Savoie, l’enseignement (moniteurs de ski) ressort fortement ; les artisans exerçant cette profession ont pour la plupart opté pour le régime d’EC.

Salons de coiffure, soins ou beauté se démarquent parmi les artisans EC de la Loire et de l’Allier. Le Puy-de-Dôme abrite quant à lui 20 % des ME dépanneurs et réparateurs de cycles de la région. Les EC de la Drôme affichent une forte spécialisation dans le domaine de la restauration rapide, de type sandwicherie ou food truck par exemple. Finalement, seuls les départements de l’Ain et de l’Isère ne se démarquent pas, et restent fidèles à la répartition régionale, pour tous les secteurs.

Les micro-entrepreneurs sont en moyenne plus jeunes, et plus souvent des femmes

Le régime de micro-entrepreneur est relativement récent, ce qui explique en partie la faible part de ME chez les plus de 45 ans. Une part importante d’entre eux a créé son entreprise avant 2009 (figure 4). Les ME sont en moyenne plus jeunes, la plupart des créateurs ayant moins de 40 ans.

Figure 4 Structure par sexe et par âge de l’artisanat en Auvergne-Rhône-Alpes en 2019

(en %)
Structure par sexe et par âge de l’artisanat en Auvergne-Rhône-Alpes en 2019 ((en %)) - Lecture : en Auvergne-Rhône-Alpes en 2019, 0,5 % des artisans sont des femmes micro-entrepreneurs de 36 ans, 0,3 % sont des femmes en entreprises classiques de 36 ans, 0,9 % sont des hommes micro-entrepreneurs de 36 ans, et 1,0 % sont des hommes en entreprises classiques de 36 ans.
Âge Femmes Hommes
Part entreprises classiques Part micro-entrepreneurs Part entreprises classiques Part micro-entrepreneurs
15 0,00 0,00 0,00 0,00
16 0,00 0,00 0,00 0,00
17 0,00 0,00 0,00 0,00
18 0,00 0,01 0,00 0,03
19 0,00 0,04 0,01 0,07
20 0,01 0,07 0,02 0,12
21 0,02 0,13 0,03 0,19
22 0,03 0,14 0,05 0,24
23 0,04 0,21 0,10 0,32
24 0,05 0,26 0,13 0,39
25 0,08 0,26 0,16 0,43
26 0,09 0,30 0,20 0,51
27 0,14 0,33 0,28 0,60
28 0,16 0,42 0,38 0,72
29 0,18 0,46 0,49 0,78
30 0,19 0,47 0,57 0,81
31 0,21 0,48 0,70 0,86
32 0,23 0,54 0,79 0,88
33 0,27 0,52 0,83 0,91
34 0,26 0,52 0,93 0,94
35 0,28 0,48 0,97 0,90
36 0,27 0,50 0,99 0,94
37 0,30 0,45 1,13 0,96
38 0,30 0,46 1,21 0,87
39 0,34 0,49 1,23 0,92
40 0,32 0,47 1,23 0,85
41 0,29 0,45 1,15 0,80
42 0,27 0,40 1,19 0,76
43 0,30 0,39 1,14 0,73
44 0,27 0,35 1,20 0,69
45 0,33 0,38 1,28 0,76
46 0,34 0,39 1,48 0,70
47 0,39 0,39 1,58 0,76
48 0,43 0,43 1,58 0,70
49 0,40 0,40 1,60 0,70
50 0,37 0,36 1,65 0,64
51 0,36 0,35 1,58 0,57
52 0,33 0,33 1,59 0,61
53 0,34 0,30 1,62 0,59
54 0,32 0,30 1,66 0,55
55 0,33 0,29 1,63 0,48
56 0,30 0,28 1,49 0,50
57 0,28 0,24 1,42 0,48
58 0,25 0,23 1,37 0,47
59 0,25 0,22 1,26 0,40
60 0,23 0,18 0,93 0,43
61 0,17 0,16 0,74 0,38
62 0,12 0,15 0,53 0,36
63 0,10 0,12 0,39 0,31
64 0,09 0,11 0,31 0,28
65 0,06 0,09 0,27 0,23
66 0,05 0,06 0,19 0,20
67 0,05 0,05 0,18 0,19
68 0,03 0,05 0,15 0,16
69 0,04 0,04 0,13 0,14
70 0,03 0,04 0,10 0,10
71 0,03 0,03 0,07 0,09
72 0,02 0,02 0,06 0,06
73 0,02 0,01 0,04 0,04
74 0,02 0,01 0,04 0,03
75 0,01 0,01 0,03 0,02
76 0,01 0,01 0,03 0,02
77 0,01 0,00 0,02 0,01
78 0,01 0,01 0,01 0,01
79 0,00 0,00 0,01 0,01
80 0,01 0,00 0,01 0,00
81 0,00 0,00 0,01 0,00
82 0,01 0,00 0,00 0,00
83 0,00 0,00 0,01 0,00
84 0,00 0,00 0,01 0,00
85 0,00 0,00 0,00 0,00
86 0,00 0,00 0,00 0,00
87 0,00 0,00 0,00 0,00
88 0,00 0,00 0,00 0,00
89 0,00 0,00 0,00 0,00
90 0,00 0,00 0,00 0,00
91 0,00 0,00 0,00 0,00
92 0,00 0,00 0,00 0,00
93 0,00 0,00 0,00 0,00
  • Lecture : en Auvergne-Rhône-Alpes en 2019, 0,5 % des artisans sont des femmes micro-entrepreneurs de 36 ans, 0,3 % sont des femmes en entreprises classiques de 36 ans, 0,9 % sont des hommes micro-entrepreneurs de 36 ans, et 1,0 % sont des hommes en entreprises classiques de 36 ans.
  • Source : Insee, base non salariés 2019, REE 2019.

Figure 4 Structure par sexe et par âge de l’artisanat en Auvergne-Rhône-Alpes en 2019

  • Lecture : en Auvergne-Rhône-Alpes en 2019, 0,5 % des artisans sont des femmes micro-entrepreneurs de 36 ans, 0,3 % sont des femmes en entreprises classiques de 36 ans, 0,9 % sont des hommes micro-entrepreneurs de 36 ans, et 1,0 % sont des hommes en entreprises classiques de 36 ans.
  • Source : Insee, base non salariés 2019, REE 2019.

La part des femmes est nettement plus importante parmi les ME que parmi les EC (35 % contre 20 %). Indépendamment du régime, elles se concentrent principalement dans trois secteurs : la coiffure et les soins de beauté en premier lieu, puis la fabrication, et enfin les services de soutien aux entreprises (nettoyage surtout, mais aussi secrétariat). Cependant, les secteurs féminisés le sont davantage encore chez les micro-entrepreneurs. Par exemple, dans la construction, seulement 1 % des artisans sont des femmes parmi les EC, 2 % parmi les ME. Dans la coiffure et les soins de beauté, elles représentent 89 % des EC, et 96 % des ME.

Les revenus de l’activité artisanale des entreprises classiques sont nettement supérieurs à ceux des micro-entrepreneurs

Les peuvent être variés : à leur activité d’indépendant peuvent s’ajouter éventuellement des rémunérations supplémentaires en tant que salarié. D’autres sources de revenus existent aussi comme les pensions de retraite, les indemnités chômage, les revenus d’actifs… mais elles ne sont pas intégrées dans le champ de l’étude. Par ailleurs, les revenus sont déclarés sans mention du volume d’heures travaillées. Les revenus artisanaux des entreprises classiques sont toujours nettement plus importants que ceux des micro-entrepreneurs. Les écarts sont parfois accentués en fonction du secteur d’activité et de la localisation des artisans. En 2019, les EC ont perçu 82 % de l’ensemble des revenus provenant de l’activité artisanale régionale et les ME seulement 18 %. Le revenu médian d’un entrepreneur artisanal classique s’élève à 1 950 euros par mois contre 335 euros pour les micro-entrepreneurs (figure 5).

Figure 5Revenus non salariés mensualisés des artisans

Revenus non salariés mensualisés des artisans - Lecture : en Auvergne-Rhône-Alpes, parmi les artisans déclarant entre 2 000 euros et 3 000 euros de revenus mensualisés en 2019, correspondant à leur activité artisanale, 15 460 sont des entreprises classiques, et 1 769 sont des micro-entrepreneurs.
Classe de revenu (en euros) Artisans entreprises classiques Artisans microentrepreneurs
Moins de 10 4 955 5 165
De 10 à 100 1 505 12 070
De 100 à 300 1 904 12 114
De 300 à 500 1 876 7 508
De 500 à 1 000 8 361 12 218
De 1 000 à 1 500 9 377 7 415
De 1 500 à 2 000 9 543 3 092
De 2 000 à 3 000 15 460 1 769
De 3 000 à 5 000 13 218 380
Plus de 5 000 7 288 35
  • Lecture : en Auvergne-Rhône-Alpes, parmi les artisans déclarant entre 2 000 euros et 3 000 euros de revenus mensualisés en 2019, correspondant à leur activité artisanale, 15 460 sont des entreprises classiques, et 1 769 sont des micro-entrepreneurs.
  • Source : Insee, Base non salariés 2019, REE 2019.

Figure 5Revenus non salariés mensualisés des artisans

  • Lecture : en Auvergne-Rhône-Alpes, parmi les artisans déclarant entre 2 000 euros et 3 000 euros de revenus mensualisés en 2019, correspondant à leur activité artisanale, 15 460 sont des entreprises classiques, et 1 769 sont des micro-entrepreneurs.
  • Source : Insee, Base non salariés 2019, REE 2019.

De plus, alors que 25 % des EC perçoivent moins de 1 000 euros de revenus artisanaux en moyenne par mois, cette part est nettement plus importante chez les ME (79 %). Seulement 4 % des ME tirent un revenu d’au moins 2 000 euros par mois de leur activité artisanale. Les EC ont un revenu moyen supérieur aux ME dans tous les secteurs.

Les entreprises artisanales les plus lucratives appartiennent souvent à des secteurs d’activité pour lesquels des investissements importants doivent être réalisés dès la création pour l’acquisition de locaux, de machines. Ce qui implique alors un chiffre d’affaires attendu élevé ; par nature, il s’agit quasi exclusivement d’artisans en EC. Les revenus les plus élevés des EC se trouvent ainsi dans la métallurgie : 3 300 euros par mois. Pour autant, ce secteur compte seulement 800 artisans dans la région. La situation est identique pour l’architecture et ingénierie, activité qui nécessite une forte qualification, et qui se classe en deuxième position (2 900 euros par mois). Viennent ensuite les , puis les grands secteurs artisanaux, dans l’ordre : construction, services administratifs et de soutien, fabrication, dont les revenus moyens avoisinent les 2 200 euros par mois.

Les taxis (y compris VTC), les coiffeurs et soins de beauté, les autres services personnels et les restaurateurs dégagent entre 1 150 euros et 1 400 euros par mois.

Côté ME, la construction est le secteur aux plus hauts revenus : 600 euros par mois en moyenne. Puis viennent les taxis (y compris VTC) avec 530 euros, et les services de soutien avec 350 euros. Les plus faibles revenus se trouvent dans la vente à distance (110 euros par mois), et la fabrication (120 euros).

Ces revenus artisanaux varient aussi selon l’implantation géographique. La composition sectorielle des territoires n’est pas le facteur le plus déterminant dans ces différences. Deux zones se distinguent, identiques pour les ME et pour les EC : d’un côté, les départements alpins, de l’Ain, de la Loire et du Rhône où les ME dégagent un revenu artisanal médian supérieur à 335 euros et les EC un revenu supérieur à 1 950 euros ; de l’autre, les départements auvergnats, ardéchois ou drômois. Cette géographie des revenus artisanaux peut traduire la capacité des territoires caractérisés par une croissance démographique et un bon niveau de vie, à générer une demande élevée en services artisanaux de proximité.

Les variations sont fortes pour les ME : le revenu médian haut-savoyard (380 euros par mois) dépasse de 67 % celui de leurs équivalents cantaliens.

Pour les EC, l’écart est moins important mais demeure substantiel, puisque les artisans de la Haute-Savoie (2 150 euros par mois) encore première devant l’Ain (2 140 euros), ont des revenus 25 % plus élevés que leurs homologues ardéchois.

Quatre artisans micro-entrepreneurs sur dix sont aussi salariés ; pour trois sur dix, l’artisanat est une activité d’appoint

Une majorité d’artisans ont uniquement une activité artisanale (73 % de l’ensemble des artisans). Cette part est différente selon le régime. Elle est de 88 % pour les artisans en entreprises classiques contre 59 % pour les ME. Leurs revenus mensuels médians sont respectivement de 2 150 et 540 euros.

Un artisan sur cinq a une double activité, artisanale et salariée. C’est principalement le cas des ME (un sur trois) : le salaire est même la principale composante de leur revenu avec 890 euros par mois en médiane, l’activité artisanale correspondant à une ressource d’appoint (180 euros par mois). À l’inverse, les EC qui sont dans la même situation ont un revenu composé principalement par leur revenu d’indépendant (1 040 euros par mois, contre 490 euros pour leur activité salariée).

Encadré – Le mot du partenaire

Au cours de la dernière décennie, la création d’entreprise a connu une croissance exponentielle, avec l’avènement notamment du régime de la micro-entreprise qui représente, aujourd’hui, près de 70 % des immatriculations dans l’artisanat en région Auvergne-Rhône-Alpes. Ce phénomène s'est accompagné d'une évolution significative du profil des créateurs d’entreprise et de la nature des projets. La Chambre de Métiers et de l’Artisanat, acteur référent au niveau régional avec près de 11 000 créateurs accompagnés chaque année, s'est associée à l’Insee afin de mieux comprendre les réalités économiques des artisans micro-entrepreneurs et des entreprises « classiques ». L’objectif est de répondre au mieux aux différents enjeux socio-économiques.

Vincent Gaud, Président de la Chambre de Métiers et de l’Artisanat Auvergne-Rhône-Alpes

Publication rédigée par :Charles-Julien Giraud, Christophe Privas (Insee)
Publication rédigée par :Charles-Julien Giraud, Christophe Privas (Insee)

Définitions

Artisanat : l’artisanat regroupe les personnes physiques ou morales qui n’emploient pas plus de 10 salariés à la création de l’entreprise et qui exercent à titre principal ou secondaire une activité professionnelle indépendante relevant de l’artisanat (liste établie par décret).

Micro-entrepreneur : un micro-entrepreneur bénéficie du régime de même nom (appelé autoentrepreneur jusqu’en 2014), qui offre des formalités de création d’entreprise allégées et un mode de calcul et de paiement simplifié des cotisations sociales et de l’impôt sur le revenu.

Le régime de l’auto-entrepreneur est entré en vigueur au 1er janvier 2009. Depuis 2014, l’artisan micro-entrepreneur figure au répertoire des Métiers.

Seuils autorisés : un artisan ne peut plus bénéficier de ce régime si, à partir de 2023, il génère un chiffre d’affaires supérieur à 188 700 euros (170 000 euros en 2019) sur deux années consécutives pour les activités de vente de marchandises, vente à consommer sur place ou fourniture de logement (y compris meublé de tourisme, gîte rural et chambre d’hôte) ; et 77 700 euros (70 000 euros en 2019) pour les activités autres que celles citées au premier point, notamment les prestations de services et les loueurs en meublés (à l’exception des locations visées ci-dessus).

Revenus : le revenu d’activité pour les non-salariés ne correspond ni au chiffre d’affaires ni au salaire, mais repose sur le revenu professionnel imposable après réintégration de certains allègements fiscaux et cotisations sociales. Pour les entrepreneurs « classiques », le revenu d’activité correspond au bénéfice qu’ils retirent de leur activité professionnelle, net des charges professionnelles. Les contributions sociales (CSG, CRDS) ne sont pas déduites. Le revenu d’activité des micro-entrepreneurs se mesure à partir du chiffre d’affaires qu’ils déclarent chaque trimestre à l’Acoss, en appliquant à ce chiffre d’affaires un abattement représentatif des frais professionnels.

Le terme « industrie (hors artisanat commercial) » de la nomenclature est remplacé ici par « fabrication », plus proche de l’activité manufacturière de l’artisanat.

Commerce de gros de matériel agricole, de fourniture et équipement individuel, de gros bois et matériaux de construction, etc.

Pour en savoir plus

(1) « Davantage d’établissements artisanaux dans les zones d’emploi industrielles », Insee Flash Auvergne-Rhône-Alpes no 93, septembre 2021.

(2) « Établissements artisanaux : forte création et faible pérennité vont de pair », Insee Analyses Auvergne-Rhône-Alpes no 93, janvier 2020.

(3) « Emploi et revenus des indépendants, 1.4 emploi et revenus d’activité des micro-entrepreneurs », édition 2020 – Insee Références.